Tour du Monde en solo

Partie en 2011 pour un tour du monde de 8 mois en solo, j'ai posé le pied dans plus de 10 pays en en prenant plein les yeux, le cœur et la tête. De la Patagonie jusqu'aux plages secrètes de la République Dominicaine en passant par le désert d'Uyuni en Bolivie et le Machu-Picchu au Pérou, de Chiang Mai en Thaïlande jusqu'aux temples de Bali en descendant toute la côte du Vietnam, j'ai parcouru au total plus de 10 000 km avec mon sac sur le dos en m'extasiant et photographiant les paysages parmi les plus beaux de la Terre, à la rencontre des peuples et à la découverte de leur culture.

Voyageuse invétérée, je suis depuis repartie à l'aventure mais je reste fidèle à mon défi de départ : vous emmener avec moi et partager les émotions au travers de mon blog.

Bon Voyage !

27 janvier 2012

ON LES A VUES !!! (RÉPUBLIQUE DOMINICAINE)

17 jours d'absence sur mon blog, pour lesquels je prie mes plus fidèles suiveurs de bien vouloir accepter mes plus plates excuses... Je vous l'avais dit, cette pause de 2 mois en République Dominicaine est aussi une pause dans mon voyage. La pause dans la pause. Ici c'est "chez moi", mon petit paradis secret, mon refuge spirituel, l'endroit où je me sens BIEN, et c'est tout. Alors je n'ai pas forcément la nécessité de partager ces moments, mais au vu du succès des 2 photos que j'ai postées sur Facebook hier (le record de LIKEs étant battu), je me dis ce matin que je DOIS vous offrir un peu de ces moments de bonheur.



La Baie de Samana est connue au niveau international en tant que sanctuaire d'observation des baleines à bosse qui viennent s'y reproduire de janvier à mars tous les ans. Comme pour tout le reste de mon voyage, tout se calait parfaitement bien ; je savais que j'allais être ici à la bonne période et c'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles je ne suis pas passée par la Péninsule Valdés et Puerto Madryn en Argentine où...
l'on peut également les observer.

Les baleines sont arrivées dans la baie depuis la mi-décembre, mais l'ouverture "officielle" de la saison touristique n'a commencé que le 15 janvier et j'ai gentiment attendu l'arrivée d'un ami de passage pour quelques jours pour partager ce moment avec lui.

Hier matin nous avions donc rendez-vous sur la plage à 9h pétantes pour partir en bateau-moteur et espérer apercevoir les baleines qui passent d'un côté à l'autre de la baie. Ces derniers jours on a même pu en percevoir depuis la plage, il suffit de s'armer d'un peu de patience, et en restant un bon moment à scruter l'horizon, l'on aperçoit parfois un geyser qui sort de l'eau au loin. Les plus chanceux arrivent à les voir sauter hors de l'eau... Comme m'a dit Néno en parlant du fameux "geyser", "quand tu le vois, tu sais que c'est ça, ça ne peut être rien d'autre". 

Lorsque nous sommes arrivés sur la plage hier matin il venait de pleuvoir abondamment, cela faisait 3 jours que nous repoussions notre sortie, accaparés par  d'autres expériences ; une sortie inoubliable en voilier, un trek de 6 heures à travers la forêt tropicale pour rejoindre une plage idyllique, ou quelques heures de farniente sur les plus belles plages de cette région. Le vent s'était levé et finalement la sentence est tombée ; le capitaine du bateau a décidé de suspendre la sortie qui aurait été dangereuse. Vu l'état de la mer, du vent et de la couleur du ciel, j'ai fini par me résigner et me dire que de toutes façon s'était peut-être mieux comme cela, et que l'on retenterait notre chance le lendemain en espérant que les conditions météo ne se dégradent pas d'ici là.

Après une bonne heure d'attente, le vent baisse d'intensité par magie et l'autorisation de sortie est déclarée malgré le ciel toujours menaçant. Trois lanchas sortent pour la magnifique Playa Frontón, qui se trouve à 10-15 minutes de bateau et "coincidemment" également sur la route des baleines qui traversent la baie tous les jours -ou presque. La mer est agitée, et une fois passée la barrière de corail, les creux atteignent facilement les 3 mètres. Notre capitaine, debout en équilibre durant toute la traversée, -alors que nous avons nous-même du mal à nous tenir au bateau- a le visage fermé : il est concentré à prendre les vagues avec toute la technique qu'il a apprise au fil de ses années d'expérience sur les lanchas de Las Galeras tout en scrutant l'horizon de ses yeux exercés à repérer la moindre présence du majestueux mammifère. 


Nos trois petits bateaux naviguent à proximité les uns des autres et chaque capitaine jette régulièrement un œil furtif sur ses collègues pour tenir les distances et éventuellement donner LE signal de changement de cap. 

A plusieurs reprises la pluie tombe violemment, nous avons tous les yeux rivés sur l'horizon mais rien. Nous finissons par décider de nous poser sur Frontón comme prévu, ce sera notre poste d'observation. Après une bonne heure sur cette magnifique plage, nous sommes groupés sous les cocotiers pour nous abriter de la pluie, lorsque Prietto, le capitaine du "La Passion" se lève et montre l'horizon du doigt : "Allà !!!"(là-bas !"), notre capitaine se lève à son tour, s'écrie également et lance le tant attendu "VAMOS !!!" ("allons-y !"), en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, toute le monde remballe en hurlant les serviettes et pique-niques et on se lance en courant jusqu'à nos bateaux qui démarrent au quart de tour. 

On fonce droit sur l'endroit où ils ont vu à deux reprises les "geysers" sortir de l'eau, ces douches caractéristiques de la respiration des baleines que l'on guette si attentivement puisqu'elles ne remontent à la surface parfois que toutes les 15 ou 20 minutes. 

Le temps d'arriver sur les lieux, impossible de les trouver. On cherche dans toutes les directions, nous avons tous les yeux rivés sur l'eau, chacun dans une direction, à l'affût d'un bout de baleine qui  serait remontée respirer. Les vagues et le vent ne facilitent pas la tâche, on se croirait sur un manège qui monte et redescend et qui à chaque redescente masque la si précieuse vue sur l'horizon. 


Au bout d'une trentaine de minutes, l'un des deux autres bateaux décide d'abandonner les recherches, l'un des passagers a le mal de mer (étonnant !) et les autres ont dû se décourager. Il ne s'est pas passé 10 minutes depuis leur départ, qu'il me semble voir un de ces geysers. Pas très convaincue de ma vision probablement erronée par le vent et l'écume des vagues, je garde néanmoins le regard posé sur la mer. 




 Tout à coup, Deivi et moi nous écrions en même temps : "Là !!!", "Alla !!!", le moteur qui tournait au ralenti redémarre à pleine puissance, ça y est !!! c'est sûr elles sont là ! Cris dans le bateau, effusion, on se cramponne et l'autre bateau nous suit, nous continuons à tourner en rond à la recherche de ces mammifères qui nous fascinent tant, et nous savons que cette fois-ci c'est la bonne, c'est juste une question de minutes, lorsque tout à coup... la Magie... un dos de baleine sort de l'eau entre nos deux bateaux, à moins de vingt mètres de nous. 


 
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Je tiens solidement mon appareil photo dans les mains depuis le début, essayant de le protéger sous ma cape de pluie des vagues qui me trempent régulièrement. Les cris que nous avons poussés sur le bateau me resteront gravés dans la mémoire. Nous avons tous les yeux écarquillés, on dirait qu'on vient de voir Jésus marcher sur l'eau, on se serre la main comme si on venait de gagner la coupe du Monde, on est comme des fous sur notre petit bateau, dans l'attente de la prochaine apparition. 


A chaque bosse qui sort de l'eau nous hurlons de joie, l'encourageons, applaudissons, nous tapons dans les mains toujours en nous accrochant à ce que nous pouvons, conscients d'assister à un spectacle inouï unique. Quelques minutes plus tard nous apercevons une deuxième baleine, et prions tous les saints  pour qu'elles se rejoignent, qu'elles ne partent pas, qu'elles restent encore un peu avec nous. Parfois une insulte nous échappe pour leur dire d'enfin venir se montrer, nous nous reprenons et nous excusons à chaque fois comme si une voix divine aurait pu entendre nos paroles et aurait pu nous punir en nous privant de les voir. L'excitation nous ramène à un état d'agitation que l'on croit parfois avoir perdu depuis que l'on a passé l'âge d'hurler à Guignol que le policier est derrière lui.

A chaque remontée de baleine, on voit apparaître dans l'eau une tâche bleue turquoise de plus en plus claire, comme celles que l'on voit sur les plages d'ici, et tout à coup le dos apparaît hors de l'eau, suivi parfois de la queue de la baleine qui sort puis replonge avec une agilité stupéfiante. A deux reprises l'une des baleines surgit aux trois quarts de l'eau à moins de 20 mètres de notre bateau, le niveau sonore de nos cris à cet instant à dû dépasser celui des baffles de chez Manuel. Nous sommes hystériques. Moi accrochée à mon appareil photo couvert d'éclaboussures dans le bateau qui tangue entre les vagues, Eva qui me tient tant qu'elle peut pour ne pas que je glisse, les 4 autres passagers hallucinés. 


On en veut encore, encore et encore, on sait qu'on a déjà eu le plus beau des spectacles mais on en veut encore plus, on voudrait sauter à l'eau, nager avec elles, on souhaiterait presque que l'une d'entre elles passe sous le bateau et nous renverse d'un coup de queue. Enfin le plus fort du ballet a duré une vingtaine de minutes qui nous ont paru tant et si peu à la fois. Et puis nous ne les revoyons plus apparaître, elles ont dû partir plus loin. Conscients de notre chance nous nous résignons à regagner la plage de las Galeras, on descend du bateau avec une banane affichée sur le visage qui va d'une oreille à l'autre. 



Encore une journée extraordinaire de ce voyage. 


Les baleines sont là jusqu'à fin mars, d'ici une quinzaine de jours nous atteindrons la plus haute période de leur présence ici, je me réconforte à l'idée de pouvoir recommencer cette expérience unique, ce spectacle que nous offre la Nature.






Voici une vidéo tournée le 24/01/2016 puisque comme vous le savez je suis actuellement de nouveau en République Dominicaine !

3 commentaires:

  1. Décidément, tu as le don pour les récits épiques qui nous tiennent en haleine de la première à la dernière ligne ! Je me serais cru à bord du bateau à l'affût de la moindre apparition (le mal de mer en moins!), prêt à pousser des petits cris de joie hystériques à en réveiller mes voisins ;o)
    17 jours d'absence certes, mais ça valait la peine d'attendre ! Merci encore pour le partage =)
    Take care & enjoy !!!

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  2. Ca doit être génial de vivre ça! Merci pour ces photos!

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Merci !

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