Tour du Monde en solo

Partie en 2011 pour un tour du monde de 8 mois en solo, j'ai posé le pied dans plus de 10 pays en en prenant plein les yeux, le cœur et la tête. De la Patagonie jusqu'aux plages secrètes de la République Dominicaine en passant par le désert d'Uyuni en Bolivie et le Machu-Picchu au Pérou, de Chiang Mai en Thaïlande jusqu'aux temples de Bali en descendant toute la côte du Vietnam, j'ai parcouru au total plus de 10 000 km avec mon sac sur le dos en m'extasiant et photographiant les paysages parmi les plus beaux de la Terre, à la rencontre des peuples et à la découverte de leur culture.

Voyageuse invétérée, je suis depuis repartie à l'aventure mais je reste fidèle à mon défi de départ : vous emmener avec moi et partager les émotions au travers de mon blog.

Bon Voyage !

6 avril 2015

Las Galeras, Samana J-10, ou comment je suis tombée amoureuse d'un village de pêcheurs en République Dominicaine

Dix jours. 
Barques de pêcheurs à Las Galeras, Samana
Plus que dix jours avant le grand saut, avant de partir réaliser mon rêve de plus de 10 ans : m'installer dans le petit village de pêcheurs nommé Las Galeras*, dans la baie de Samana en République Dominicaine. 
Loin des immenses complexes hôteliers de Punta Cana, la baie forme un un écrin de pure beauté, intacte ou presque. C'est la deuxième plus grande cocoteraie du monde, et c'est là que j'ai choisi de m'installer pour une durée indéterminée.

Lorsque j'ai mis les pieds pour la première fois à Las Galeras en novembre 2003, je sortais d'une peine de cœur dont je pensais ne pas arriver à me remettre avant longtemps. C'est une amie qui m'a proposé de partir deux semaines avec elle dans cet hôtel "tout inclus" où je pourrais me reposer et profiter du paysage paradisiaque. Elle n'y serait en fait que quelques jours mais avait dégoté une offre défiant toute concurrence : 650 € les deux semaines vol compris en hôtel tout inclus 3*, une aubaine.

Cocoteraie, Las Galeras, Samana
A l'époque l'on atterrissait à Puerto Plata au nord-ouest de l'île, et là, un bus nous attendait pour nous emmener jusqu'au bout de la baie de Samana. Je me souviens que les touristes râlaient, car après les 10 heures de vol que l'on venait de faire, ils découvraient qu'il fallait encore se coller 5 heures de bus et de coups de klaxon pour atteindre notre destination. Je me souviens que l'accompagnateur annonçait "calmez-vous, c'est un peu long, mais le paradis, ça se mérite, et vous ne le regretterez pas".

La isla de los enamorados, Las Galeras
Je n'ai pas toujours baroudé, même si dans l'âme c'est ce que je préférais faire, l'idée de me retrouver dans le luxe d'un hôtel avec une immense chambre, un immense lit, une salle de bain avec baignoire et une vue de rêve sur les cocotiers et la mer (pour le prix d'une location dans le sud de la France), de pouvoir manger et goûter tous les cocktails possibles et imaginables sans ne plus débourser un sou... m'allait très bien, et particulièrement dans ces circonstances.

Playita, Las Galeras
Je me souviens que nous sommes arrivés de nuit ; ce n'est que le lendemain matin que je découvrais la beauté incroyable de la baie. Ce voyage a été pour moi une "expérience". Mon amie étant partie la plus grosse partie du séjour, je me retrouvais seule et découvrais pour la première fois le sentiment de plénitude que l'on pouvait ressentir sans avoir besoin de quoi ou qui que ce soit. Loin de chercher la compagnie, je la fuyais discrètement, repoussais gentiment les invitations du groupe de français qui grossissait chaque jour à table et savourais pendant des heures le temps qui passait en regardant la mer, tout simplement. Mon esprit se vidait, sensation étrange... plutôt que de tourner ma tristesse en boucle, j'étais dans un état contemplatif, béat et rien d'autre que la beauté du paysage ne venait perturber mon esprit ; je ressentais une paix intérieure jusque là insoupçonnée. Le soir je rentrais dans mon immense chambre, allumais des bougies, de l'encens, et me plongeais dans un bain qui venait encore cicatriser ma blessure... puis je me couchais avec ce profond sentiment de bien-être.

Pêcheur au filet playa Las Galeras
Pour l'une des rares fois de ma vie, je passais mes journées à lire. Confortablement installée dans un hamac accroché à un cocotier, ne relevant la tête que pour laisser mon esprit ou mon corps plonger dans le bleu turquoise de cette eau tiède et douce.

Un après-midi je m'étais aventurée "hors des balises" de l'hôtel partant à pied par la plage jusqu'au village. J'avais la sensation d'avoir fait le mur. Je voyais bien qu'il y avait "une autre vie" hors de l'enclos aseptisé de notre hôtel. Pendant ma balade, j'avais remarqué un salon de coiffure minuscule. J'étais entrée demander les tarifs qui étaient dérisoires, et presque plus par curiosité que par besoin, avais décidé de laisser mes cheveux entre les mains de la coiffeuse qui visiblement était aussi amusée que moi de cette rencontre.
Picapollo
La jeune-fille était sortie du salon puis était revenue quelques minutes plus tard avec un seau d'eau tiède à la main, pour me laver les cheveux dans la bassine qui se trouvait derrière ma tête. Pendant qu'elle me coupait les cheveux j'entendais les motos passer à l'extérieur, les gens passer en discutant devant le salon, bref, tout simplement la vie locale suivait son cours. Et même si quelqu'un entrait dans le salon et me regardait un peu étonné d'y voir une blanche, nous échangions un sourire et je m'amusais intérieurement à imaginer qu'un jour je ne fasse plus tâche (blanche) dans ce décor. Totalement séduite par

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