Tour du Monde en solo

Partie en 2011 pour un tour du monde de 8 mois en solo, j'ai posé le pied dans plus de 10 pays en en prenant plein les yeux, le cœur et la tête. De la Patagonie jusqu'aux plages secrètes de la République Dominicaine en passant par le désert d'Uyuni en Bolivie et le Machu-Picchu au Pérou, de Chiang Mai en Thaïlande jusqu'aux temples de Bali en descendant toute la côte du Vietnam, j'ai parcouru au total plus de 10 000 km avec mon sac sur le dos en m'extasiant et photographiant les paysages parmi les plus beaux de la Terre, à la rencontre des peuples et à la découverte de leur culture.

Voyageuse invétérée, je suis depuis repartie à l'aventure mais je reste fidèle à mon défi de départ : vous emmener avec moi et partager les émotions au travers de mon blog.

Bon Voyage !

15 mars 2012

THE SECRET


Dimanche dernier en chemin pour Cancun où je devais passer la nuit avant de prendre mon avion pour Los Angeles, il m'est arrivé un évènement plutôt troublant. Il est entendu que ce voyage autour du monde n'est pas uniquement un voyage dans l'espace mais aussi un voyage intérieur. Les longues heures -voire journées- que je passe souvent volontairement seule me donnent l'occasion d'une introspection et de réflexions personnelles évidentes. Par ailleurs, au fil de mes rencontres il m'est arrivé à plusieurs reprises de discuter durant des heures des différentes façons de voir la vie, des attitudes que l'on peut adopter face aux évènements ou tout simplement face à sa propre histoire pour se sentir heureux. 
Mes deux amies à Los Angeles y travaillent depuis des années, elles ont une vraie philosophie de vie que j'ai toujours admiré et essayé de prendre
pour modèle sans forcément y arriver. D'autres rencontres plus récentes ont également été l'occasion de longs échanges sur ce thème. D'ailleurs le matin même en partant de Tulum pour Cancun, ce monsieur avec qui j'ai beaucoup discuté a tenu à m'offrir un livre que je devrai "absolument lire" et qui soit disant m'aiderait dans l'avenir. Deux semaines auparavant une autre personne dont la philosophie de vie m'a fascinée avait voulu m'offrir un livre que j'ai refusé sous prétexte d'être trop chargée et parce que je pensais que je ne le lirai pas. Je ne suis pas une grande adepte des livres ou techniques de développement personnel que je trouve souvent "bidons". 
Enfin bref, pour en venir aux faits, au moment où je descendais du bus à Cancun (j'étais la dernière) mes yeux se sont étrangement posés sur un livre tombé sous un siège.  Je l'ai donc ramassé et me suis empressée de descendre du bus pour le rendre à son propriétaire. Mais tout le monde était déjà parti. J'ai récupéré mon sac à dos dans la soute puis je me suis adressée au chauffeur pour lui demander de le déposer aux objets trouvés.  En même temps que je m'adressais à lui, je feuilletais le livre rapidement pour voir s'il était susceptible de m'intéresser. Il était en anglais, et n'étant pas une grande "liseuse" je ne voulais pas me charger inutilement. La couverture rigide montrait un sceau de cire sur un papier ancien calligraphié, je me suis dit que ça devait être un roman à intrigue du genre Da Vinci Code… le chauffeur m'a suggéré de le garder en me disant que de toute façon il était peu probable que quelqu'un vienne le récupérer. Et après avoir hésité encore un moment j'ai décidé de le mettre dans mon sac en me disant que je pourrai toujours le laisser à l'auberge où j'allais dormir s'il ne m'intéressait pas, cela me donnerait même l'occasion de l'échanger contre un autre comme c'est souvent le cas. J'ai oublié le livre dans mon sac jusqu'au lendemain où dans l'avion je retombais dessus. Puisque je l'avais porté jusque-là, j'allais y jeter un coup d'œil. 
Dès les premières pages je compris que c'était "un de ces bouquins ", l'un de ceux que je trouve bidons. Mais intriguée, et de plus en plus troublée par ce que je lisais, je m'accrochais jusqu'à la dixième page où je me suis retrouvée à écarquiller les yeux au fil des paragraphes. Les lignes reprenaient exactement les discussions que j'avais eues dans les dernières semaines avec ces différentes personnes. Troublant, il n'y a pas d'autre mot. Coïncidence ou signe que je devais considérer ? Je ne suis pas de nature superstitieuse, je ne crois pas aux signes et je suis convaincue, tout comme du fait que nous sommes un "accident" sur cette planète, que la vie n'est qu'une succession de faits, de combinaisons de probabilités et un point c'est tout. 

Le livre s'appelle "THE SECRET" : il est censé dévoiler le secret du bonheur, dans tous les aspects de la vie par quelques règles simples et soi-disant infaillibles, il parle même de science exacte… Alors voilà le Secret : il répond à la Loi de l'Attractivité ; les idées positives attirent le bien, le succès, la joie, le bonheur, et l'on pourrait donc accéder à tous ses désirs en appliquant cette loi. Sans faille. Sans exception. Au bout d'un moment j'ai sorti un stylo de mon sac et j'ai commencé à griffonner mes contre-arguments au-dessus des paragraphes, j'ajoutais amusée mes commentaires les plus cyniques. "ha ha", "bullshit", "so simple !" etc. Entre scepticisme et moquerie, j'ai tout de même tenu le coup jusqu'à la

10 mars 2012

A TULUM… MEXIQUE


A Tulum au Mexique, j'ai passé une nuit dans un dortoir qui ressemblait à la chambre d'ados de 15 ans en pleine rébellion, j'ai dormi dans un lit superposé avec un ventilateur gros comme ça au-dessus de ma tête qui faisait le bruit d'un moteur d'avion toute la nuit, pris une douche dans une salle de bain digne d'une prison d'où j'ai fui dès le lendemain matin, j'ai partagé deux excellents repas préparés par 2 chefs sympas, j'ai rencontré l'un de mes clônes et passé des heures à partager nos points communs, j'ai écouté attentivement les chants des oiseaux tropicaux dans mon "Rancho Tranquilo", dormi comme un bébé dans ma petite cabane en bois au milieu de ce jardin luxuriant,

je me suis fait fouetter le visage par le sable blanc d'une finesse inouïe de la plage de Tulum par "grand vent", j'ai visité les ruines Maya, les fameuses, celles que j'ai vu mille fois sur les photos tout en étant distraite par ma conversation avec mon clône, j'ai passé une soirée à parler de mes voyages avec un novice, partagé une journée de plage avec deux américains vraiment sympas et passé une excellente soirée au milieu de la fête Maya à déguster

4 mars 2012

BIENVENUE AU MONASTÈRE

Samana. Prise en sandwich entre le motoconcho et Don Gallón qui est assis à l'arrière, je suis gagnée par cette petite ivresse qui m'envahit à chaque fois que je monte sur l'une de ces motos. Il indique au concho "pa'lla ! en la loma de los locos", il faut faire vite pour arriver à découvrir le Monastère avant qu'il ne fasse totalement nuit. Le conducteur se marre. La Loma s'appelle en fait La Loma de los Baez mais il a décidé de la surnommer comme cela, et il semble que cela prenne, le lieu-dit commence à être reconnu comme tel, "le mont des fous".  Le concho nous arrête devant une grille. Don Gallón m'annonce la couleur ; il y a 85 marches à gravir. Tout le monde sait que les monastères sont souvent perchés en hauteur. Moi je l'appellerai bien le Mont Olympe… " la montagne dont les nuages s'enroulent autour du sommet".
Nous montons  donc une à une les marches, mon hôte devant en éclaireur –il fait bientôt nuit-, moi derrière regardant où je mets les pieds entre les plantes qui poussent, prêtes à encercler, recouvrir, cacher toute portion de béton comme l'a fait la végétation au Machu-Picchu avant que l'on ne découvre un jour le merveilleux site inca qui se cachait sous cette montagne verte. De temps à autres un petit rire
nerveux sort de ma bouche, j'ai peur de marcher sur une grosse bestiole qui traînerait là. Nous arrivons à une deuxième grille qu'il suffit de pousser, et encore une ribambelle de marches qui contournent un mur arrondi, et nous arrivons sur une petite plateforme d'herbe, voici l'entrée du Lieu. L'homme se baisse pour soulever une pierre posée au pied du mur. Je devine sans vraiment m'en étonner qu'il s'agit de la cachette de la clef. Mais c'est d'une spatule dont se saisit sa main, et là il m'annonce qu'il faut saisir le code. L'image de ma porte codée surgit en une fraction de seconde dans mon esprit, je me suis tout à coup retrouvée dans une rue du 15ème arrondissement de Paris. On fait signe de marquer le chiffre secret sur la porte, et d'un coup de magie, la spatule vient se glisser entre celle-ci et le cadre : tac, la porte s'ouvre. Je souris et découvre un grand espace devant moi, deux poteaux carrés qui semblent soutenir ce grand rectangle. Sur la gauche et  sur toute la longueur une sorte de paravent de lianes tissées qui laisse entrevoir la magnifique vue sur la Baie de Samana. Nous y sommes. 
Le mur opposé, celui qui est adossé à la loma est couvert de pierres de marbre brut, les colonnes, la porte et les autres murs sont faits de bois de cocotier, le sol est en béton ciré. Don Gallón allume quelques bougies dispersées car il commence à faire sombre. Il m'explique qu'il n'y a plus de lumière depuis quelques temps, les lignes électriques ont déjà été volées à 5 reprises et il refuse de faire passer son câble au-dessus de l'école qui est en contre-bas de la loma ; à la moindre tempête, sous le poids des câbles piratés par d'autres habitants, les fils coupés pourraient provoquer un terrible drame en tombant. 

Il ouvre l'une des portes qui donnent sur la baie : le spectacle est magique… le soleil s'est couché, les lumières de la ville éclairent le Malecon, et la baie ne ressemble plus qu'à une maquette, un petit lac reflétant les lumières des bateaux amarrés, au fond les montagnes couvertes de végétation luxuriante et au premier plan, juste en contrebas de la maison, un cocotier qui semble avoir été posé là "pour la photo",  l'angle d'inclinaison est parfait et vient idéalement vous marteler que vous êtes dans les caraïbes. La terrasse en coco est presque impraticable : le bois n'a pas supporté l'humidité et déjà de nombreuses planches sont trouées, au moindre faux pas dans l'obscurité on peut se retrouver une jambe ballant dans le vide. Déjà les grillons ont commencé

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